
Publié le 16/10/2025
Acheter une voiture avec son entreprise : un bon plan?
Introduction
Acquérir une voiture via son entreprise séduit de plus en plus de dirigeants et d’indépendants. En France, l’achat d’un véhicule professionnel offre plusieurs bénéfices fiscaux et comptables, à condition de bien comprendre les règles. Voici une analyse claire pour savoir si c’est avantageux dans votre cas.
1. Pourquoi acheter une voiture avec son entreprise ?
Acheter une voiture au nom de l’entreprise permet avant tout de réduire la fiscalité. Le véhicule peut être inscrit dans les immobilisations de la société, ce qui permet de déduire une partie de son coût des bénéfices imposables. C’est aussi un bon moyen de centraliser les frais professionnels : carburant, entretien, assurance, stationnement… tout peut être comptabilisé comme charges de l’entreprise, dès lors qu’il y a un usage professionnel réel.
2. Les avantages fiscaux
L’achat d’un véhicule par une entreprise ouvre droit à plusieurs avantages fiscaux significatifs. Tout d’abord, le véhicule est amorti sur plusieurs années, généralement entre quatre et cinq ans, ce qui permet de réduire le bénéfice imposable. Pour un véhicule thermique, l’amortissement est plafonné à 18 300 euros, ou à 9 900 euros lorsque les émissions de CO₂ dépassent 60 g/km. En revanche, pour un véhicule électrique, le plafond est relevé à 30 000 euros, voire davantage selon les dispositifs environnementaux en vigueur. Plus le véhicule est propre, plus l’avantage fiscal est intéressant. Ensuite, l’entreprise peut récupérer la TVA selon la catégorie du véhicule. Pour un utilitaire, la TVA est récupérable à 100 % sur l’achat, l’entretien et le carburant. En revanche, pour un véhicule de tourisme, elle n’est pas récupérable sur l’achat, mais peut l’être partiellement sur le carburant — 80 % pour l’essence et 100 % pour le diesel. Enfin, l’entreprise peut déduire les charges liées à l’usage du véhicule, comme le carburant, l’assurance, l’entretien, les péages, le stationnement ou encore le lavage. Ces dépenses viennent directement réduire le résultat imposable, offrant ainsi un levier d’optimisation fiscale non négligeable.
3. Le choix entre véhicule de tourisme et utilitaire
Le choix entre un véhicule utilitaire et un véhicule de tourisme dépend autant des besoins de l’entreprise que des avantages fiscaux recherchés. Le véhicule utilitaire est particulièrement intéressant d’un point de vue fiscal, car la TVA est entièrement récupérable et il n’est pas soumis à la Taxe sur les Véhicules de Société (TVS). À l’inverse, le véhicule de tourisme, souvent plus confortable et mieux équipé, offre moins d’avantages fiscaux : il est soumis à la TVS et la TVA sur l’achat n’est pas récupérable. Le choix se fait donc entre économie et confort, selon l’usage prévu du véhicule.
4. Le cas de la voiture électrique
Les véhicules électriques bénéficient aujourd’hui d’un traitement fiscal exceptionnellement favorable. Ils peuvent être amortis jusqu’à 30 000 €, sont totalement exonérés de TVS et donnent droit à un bonus écologique à l’achat. De plus, leurs coûts d’entretien et d’usage sont nettement inférieurs à ceux d’un véhicule thermique. Pour une entreprise, opter pour un modèle électrique permet non seulement de réduire les charges fiscales et d’exploitation, mais aussi de renforcer son image écoresponsable auprès de ses clients et partenaires.
5. Simulation de la TVS (Taxe sur les Véhicules de Société)
La TVS s’applique aux véhicules de tourisme immatriculés au nom de l’entreprise. Elle dépend des émissions de CO₂ et du type de carburant utilisé. Prenons l’exemple d’une Peugeot 3008 essence 1.2 PureTech émettant 135 g/km de CO₂. Selon le barème 2024, les véhicules émettant entre 121 et 140 g/km sont taxés à 5,5 € par gramme de CO₂. Le calcul donne donc une TVS annuelle de 135 × 5,5 = 742,50 €, à laquelle peut s’ajouter une taxe sur les polluants atmosphériques d’environ 40 €, portant le total à près de 780 € par an.
6. Et si le dirigeant utilise la voiture aussi à titre personnel ?
Lorsqu’un véhicule de société est utilisé à la fois à des fins professionnelles et personnelles, cela génère un avantage en nature. Cet avantage, évalué selon la valeur du véhicule et la part d’usage privé, doit être ajouté à la rémunération du dirigeant pour le calcul des cotisations sociales et de l’impôt sur le revenu. Par exemple, pour une voiture achetée 30 000 € TTC et utilisée à 50 % à titre privé, l’avantage en nature peut être estimé entre 150 et 250 € par mois, selon la méthode de calcul choisie (forfaitaire ou réelle).